Que faire ? C'est le titre d'un livre de Lénine qui recherchait l'étincelle pour booster la Russie soviétique et supplanter les tsars fainéants comme nos rois naguère.
Trois conditions simples doivent être appliquées impérativement, suivant le théorême qu'en économie, comme en physique, les déséquilibres sont par nature instables et donc intenables dans la durée...L'accumulation de bons du Trésor US par la Chine ne fera plus aucun sens, tout comme l'endettement du Japon, même s'il est financé par les Japonais.
L'inaction n'est pas une option, il faut donc rééquilibrer l'économie mondiale par trois mesures appropriées et pratiques :
1/ - Coordination des politiques économiques : les US doivent éliminer leur déficit commercial afin de réduire leur endettement extérieur, il leur faut donc consommer moins et épargner davantage. A l'inverse, les Chinois, avec les pays émergents, doivent consommer plus et épargner moins. Pour que cela soit possible, la Chine doit laisser sa monnaie s'apprécier.
2/ - Effort public-privé : il conviendra de relancer la croissance en Europe, en UK et aux US par le lancement de travaux d'infrastructure, d'investissements en R&D et de formation continue en nouvelles technologies, IT, internet et management ou apprentissage pour les jeunes.
Les consommateurs qui sont traumatisés par le chômage épargnent en masse, les dirigeants d'entreprise ne sont pas non plus enclins à investir, ni à embaucher, c'est donc aux multinationales qui disposent d'énormes réserves de liquidités que revient la mission de distribuer des augmentations de salaires aux salariés. Ceci donnerait à la consommation des ménages un coup de fouet bienvenu sans altérer leur compétitivité. Les pays producteurs de pétrole pourront aussi apporter leur pièce à ce projet de relance de la croissance mondiale indispensable à tous.
3/ - Définition d'un agenda : il s'agit de relancer l'économie dans les pays avancés puis de réduire leurs déficits budgétaires. Le retour sur investissement sera assuré si l'investissement est réalisé à bon escient, comme on peut le supposer. Ce n'est pas tant la dette en elle-même qui importe, que la façon dont l'économie mondiale est gérée. Une relance de la croissance concertée via un plan rationnel sera plébiscitée par toutes les parties : Wall Street, Main street, Francfort comme le palais Garnier à Paris.
L'économie mondiale est réfractaire au déséquilibre actuel, les gouvernements doivent mettre bon ordre à son fonctionnement; dans le cas contraire, les marchés financiers continueront à garder la main par le biais des agences de notation et des parités de change. Les marchés réagiront violemment, plus que de raison, avec des effets pervers sur la croissance et la stabilité pour aboutir à une crise d'ampleur proche de 1929.
Les politiques et les médias blâmeront les spéculateurs et les agences de notation mais ce sont les gouvernements et les entreprises multinationales, comme les banques internationales, qui seront en faute pour n'avoir pas agi à temps, en dépit des réunions du G20, qui se seront révélées tout aussi inutiles que les conférences de Gènes en 1922, de Genève en 1927 et de Londres en 1933.
L'histoire se mettrait-t-elle à bégayer de nouveau, irrémédiablement, malgré tous nos progrès technologiques et notre intelligence économique ? Le grand tribunal qu'est l'histoire, le révèlera...