John Kenneth Galbraith a étudié les bulles spéculatives, les hausses généralisées se terminant invariablement par un krach assourdissant, dans un livre écrit en 1990 : ses remarques étaient prémonitoires de notre histoire présente !...
La démence financière, comme l'affirme John Kenneth, n'a pas changé : la première bulle spéculative de notre histoire en occident remonte à 1636, appelée la tulipomanie et a duré deux ans, elle était fondée sur le commerce de la tulipe aux Pays-Bas...
Les facteurs qui apportent ces égarements sont bien connus : c'est la satisfaction qu'on trouve à voir grandir sa fortune qui donne l'illusion d'une puissance intellectuelle aux individus et aux institutions.
C'est bien connu : l'intelligence -la sienne et celle des-autres- est proportionnelle à l'argent que l'on possède, c'est un préjugé collectif notoire...Cette conviction(fausse à n'en pas douter mais bien ancrée dans l'inconscient collectif...) produit une action très spécifique :
On surenchérit, on fait monter les prix : dans le foncier, la bourse ou l'art récemment. La dynamique de la hausse conforte l'intéressé dans son choix, elle lui prouve sa propre sagesse et celle du groupe. Et, bien sûr, ça continue, jusqu'à la désillusion générale et...du krach inévitable...Celui-ci n'arrive jamais en douceur car il s'accompagne toujours d'un effort désespéré et généralement vain pour se dégager, tous en même temps !...
On le voit, l'épisode spéculatif où la hausse provoque la hausse est interne au marché et le krach lui-même qui est son point culminant en fait partie aussi...
Les autres explications sont erronées : retournement de tendance économique, déficit budgétaire,baisse des marchés boursiers. L'enchaînement psychologique sera toujours mal compris car ceux qui sont impliqués n'avoueront jamais leur stupidité, les marchés sont parfaits et sacro-saints grâce à la fameuse main invisible.On pourra faire quelques reproches aux ex-spéculateurs les plus malhonnêtes mais non aux autres participants, si récemment enchantés et désormais désenchantés.
Peut-on faire quelque chose face aux dégats collatéraux des crises : lourd résidu de la dette due à l'exercice du levier, le choc des exigences de l'intérêt et de celles de l'investissement pour produire et innover et enfin le traumatisme de la banqueroute. Sans compter l'effet persistant des pertes subies dans les junk bonds(obligations pourries) par les individus et les fonds de retraite...
Le vrai remède est d'ordre psychologique :
1/- Cesser de lier l'intelligence à l'acquisition ou à l'emploi de grosses sommes d'argent, lorsque quelqu'un est en étroite relation avec l'argent, il est possible et même probable qu'il soit imbu de sa personne et qu'il tende à l'erreur jusqu'à l'extravagance.
2/ - Quand un climat de surexcitation envahit un marché ou entoure une perspective d'investissement, quand on parle d'occasion unique fondée sur un flair exceptionnel, que tous les gens sensés se mettent les chariots en cercle !...L'heure est à la prudence ! Le trésor au fond de la Mer Rouge y est peut être mais bien souvent, une longue histoire nous prouve qu'il n'y a que tromperie ou autosuggestion vaniteuse.
Une évidence : il y aura un autre épisode spéculatif sur l'immobilier, l'art, les titres, les voitures de collection...
La morale de l'histoire selon John Kenneth : les imbéciles sont tôt ou tard séparés de leur argent. Le sont aussi, hélas, ceux, qui, répondant à un climat général d'optimisme, se laissent prendre au sentiment de leur propre flair financier. Il en ainsi depuis des siècles. Et il en sera ainsi pour longtemps.CQFD.
Pour teminer, vous l'avez compris, une réglementation déclarant hors la loi la crédulité financière et l'euphorie collective est difficilement applicable : il faudrait pour contrer ces comportements naturels de l'être humain un corpus de lois impressionnant, probablement oppressif et, à coup sûr inefficace. Le civisme serait un bien meilleur remède et le plus efficace mais difficile à légiférer !!!...