Carnet de chèque et carnet d'adresse ont été au menu pour sauver la PME Lejaby spécialiste de lingerie et soutien-gorge, spécialité bien française. Notre politique industrielle ressemble plus à une politique électorale et brouillonne de l'urgence que d'une politique à long terme à l'allemande...
Voit-on Siemens porter secours à une PME en Allemagne sous l'oeil bienveillant d'Angela ? Pas de sauvetage politico-industriel de ce type de l'autre côté du Rhin. Pourquoi tenir des discours en faveur de l'Allemagne, alors qu'aux premiers coups de semonce, on se reprend à agir dans l'urgence et sans vision d'ensemble ?
Au lieu de susciter la création d'un véritable pôle de compétivité de la lingerie française, on fait appel au carnet de chèque de LVMH, via Arnault, qui fait partie du carnet d'adresse mondain de notre cher Président en mal de voix pour son prochain mandat convoité.
Les PME sont donc remises à l'encan et laissées à l'abandon sous le bon vouloir et les fourches caudines des grands groupes du CAC 40 : perte d'indépendance, restructuration lente pour faire moins de vagues et disparition d'un pan entier de notre industrie.
Cette stratégie du carnet d'adresse se reproduit avec Photowatt, fabricant de cellules photovoltaïques pour panneaux solaires, qui va tomber dans l'escarcelle d'EDF, via Proglio, autre relation du Président en exercice. Quelle logique et quelle efficacité ? Peut-on se demander face à ce coup de projecteur à goût électoral prononcé : où est le pôle de compétitivité des énergies durables que l'on nous a présenté à grand renfort de roulement de tambour et de baratin politique ?
Diluer les difficultés des PME françaises dans les fleurons du CAC40 ne tient pas lieu de politique industrielle sérieuse et ne reflête d'aucune façon les pratiques managériales allemandes. L'exemple devrait néanmoins commencer par venir d'en haut et de celui qui prône une nouvelle poitique industrielle, mais laquelle ? CQFD.
